27 novembre 2003
Interview The White Stripes (2003)
Brother & SisterLe duo de Detroit, The White Stripes, est actuellement en tournée en Europe avec son nouvel album Elephant. Depuis le succès de White Blood Cells en 2001, on les attend au tournant. Rencontre décontractée avec Jack et Meg White.
Quand avez-vous commencé à travailler sur Elephant?
Jack: "on a commencé en avril dernier. On a enregistré pendant 2 semaines à Londres. On travaille toujours très rapidement. On répète les chansons pendant 2 semaines et, ensuite, on se lance."
Pourquoi êtes-vous parti à Londres pour enregistrer?
Jack: "à cause des studios et de la simplicité de l'enregistrement. On avait juste un enregistreur 8 pistes. On n'avait pas besoin d'ordinateurs ou de quelque technologie que ce soit. Le studio avait une bonne collection de micros "à l'ancienne". On avait entendu des enregistrements faits là-bas, comme Billy Childish. On adorait le son et on voulait avoir le même."
Quand avez-vous écrit les chansons?
Jack: "c'est une sorte de collection. Certaines chansons remontent à longtemps. On fait un album par an donc on récolte pas mal de chansons à chaque fois. On les rassemble à un moment en essayant de faire que chaque titre ait sa propre personnalité."
Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit quand vous écrivez les paroles?
Jack: "j'essaie de raconter des histoires. Toutes mes chansons viennent d'idées sur l'amour, l'incompréhension, ce genre de choses."
Comment travaillez-vous en studio?
Jack: "j'écris les chansons et ensuite on les travaille ensemble. On les joue live, un peu comme si on se reprenait nous-mêmes, qu'on faisait des reprises de nos propres chansons. Ce n'est pas une chanson des White Stripes tant qu'on n'est pas ensemble. Ensuite, on va en studio et je décide quels sons utiliser."
Pourquoi avez-vous appelé votre album Elephant?
Jack: "c'est une créature qui représente à la fois Meg et moi: la majesté, la colère, l'innocence, le pouvoir. Tout ça semble contenu dans l'éléphant."
Pourquoi gardez-vous toujours les mêmes couleurs (blanc, noir, rouge)?
Jack: "3 couleurs pour 3 instruments: la guitare, la voix, la batterie."
Vous avez produit seul...
Jack: "oui, je produis toujours les enregistrements des White Stripes."
Vous produisez aussi d'autres groupes.
Jack: "en effet, j'ai produit le 1er album des Von Bondies et d'autres groupes de mon label, plein de groupes de Detroit..."
Musicalement, à quoi ressemble Detroit?
Jack: "c'est hallucinant depuis de nombreuses années. Il y a trop de bons groupes. On s'en rend compte juste maintenant. Ce qui est bien, c'est qu'ils puissent commencer à tourner."
Detroit est aussi un viviers techno ou hip hop avec Eminem par exemple. Comment est-ce perçu de l'intérieur?
Jack: "Detroit a toujours été une ville incroyable pour la musique."
Meg: "Les scènes sont très séparées. Les gens qui écoutent du rock restent entre eux, pareil pour la techno et le hip hop..."
Sur White Blood Cells et Elephant, il y avait 2 guitares sur certains morceaux? Comment faites-vous sur scène?
Jack: "je n'aime pas jouer les chansons sur scène de la même façon que sur album. Ce sont 2 choses séparées. Le live est énergique. Le studio sert à trouver le son qui correspond le mieux à une chanson. Ce n'est donc pas un problème si un morceau a 2 guitares sur l'album."
Pourquoi ajouter de la basse sur certains titres?
Jack: "ce n'est pas vraiment une basse. C'est une guitare branchée sur un octaver. Ça fait sonner la guitare comme une basse. Parfois, des titres nécessitent ce son."
Pensez-vous que vous auriez autant de succès si vous étiez trois, quatre ou cinq musiciens?
Jack: "je ne pense pas. On n'aurait pas la même structure. Les concerts ne seraient pas très bons ou, en tout cas, pas aussi bons. On ne serait pas capables de changer des choses pendant le concert. On n'utilise pas de set list. On ne répète pas pour les concerts. Si on était plus, on devrait le faire. C'est plus facile à deux d'arrêter une chanson au milieu, de partir sur une autre et de faire vivre le concert."
Comment passez-vous d'une chanson à une autre sans set list?
Jack: "quand on arrive au bout d'une chanson, on pense à ce qu'on pourrait faire après. On se fait comprendre ce qu'on va faire. Cela permet de garder une fraîcheur à chaque concert."
Est-ce que le succès de White Blood Cells a changé beaucoup de choses pour vous?
Jack: "je crois qu'on est resté assez éloignés du mauvais côté du succès. Les problèmes d'ego, de célébrité. On a réussi à faire un album à notre manière."
Vous avez souffert des rumeurs sur votre pseudo mariage avec Meg?
Jack: "c'est quelque chose qu'on ne maîtrise pas. C'est comme quand, en cours, quelqu'un dit du mal de vous... quand ça commence, ça peut devenir une véritable bataille. Le mieux, c'est de ne pas répondre à ce genre de rumeurs. C'est inutile d'essayer de lutter parce qu'on ne peut pas contrôler la presse."
Vous avez joué avec les Strokes à Detroit et à New York...
Jack: "c'était génial. Il n'y avait aucune compétition, aucune rivalité. On est amis et on est embarqués sur le même bateau."
Vous les avez rencontrés après qu'ils ont sorti leur album?
Jack: "oui, on les a rencontrés pendant un concert à Leeds. On est allés à New York et on est devenus bons amis."
Vous avez aussi joué en première partie des Rolling Stones. Comment l'avez-vous vécu?
Jack: "c'était dingue. Le public ne semblait pas s'occuper de nous mais ça ne faisait rien car on était juste contents d'être là..."
Meg: "ils nous ont hués quand on est sortis de scène (rires)"
Jack: "on a rencontrés les Stones 15 minutes avant qu'ils montent sur scène. On a pris des photos. C'était un peu bizarre."
C'était dans un stade. Est-ce que c'est un cadre qui vous convient pour jouer?
Jack: "non, ce n'est pas assez intime."
Meg: "les gens sont trop loin de vous."
Jack: "on ne peut pas faire un bon concert de rock dans un stade."
En ayant beaucoup de succès, vous n'avez pas peur de devoir jouer un jour dans des stades?
Jack: "on essayera toujours de jouer dans des salles plus petites. Si beaucoup de gens veulent nous voir, on peut toujours jouer plusieurs soirs au même endroit. Dès qu'on dépasse 5000 spectateurs, il n'y a plus d'intimité surtout pour un duo comme nous."
Quelles sont vos influences?
Jack: "le delta blues est une de mes plus grandes influences. La country aussi. Les grands songwriters comme Paul McCartney."
Le NME vous a élu "homme le plus cool du rock'n roll". Vous en pensez quoi?
Jack: "(rires). J'ai peur de n'être pas d'accord avec eux."
Dans les mois prochains, vous allez tourner?
Meg: "on commencera en Europe en avril ou en mai puis on passera l'été aux Etats-Unis. Notre agenda est apparu comme par magie."
Jack: "on a dit à notre manager comment on voulait faire et il s'est arrangé pour que ça colle. On voulait commencer par l'Europe et, ensuite, aller aux Etats-Unis."
Vous avez enregistré l'album il y a plusieurs mois. Pourquoi ne l'avoir pas sorti immédiatement?
Jack: "on aurait pu le sortir avant mais White Blood Cells continuait de marcher. On voulait attendre un peu. C'était nouveau pour nous car, d'habitude, on sortait un album par an."
Meg: "on a changé de label aussi..."
Certains groupes ont sorti des albums à des périodes très rapprochées (Radiohead, Weezer) alors que leur précédent album marchait très bien...
Jack: "c'est vrai mais, eux, ils ont du succès depuis longtemps. Quand votre album ce vend à 50 000 exemplaires la semaine, vous n'allez pas sortir un autre album."
Meg: "en plus, on a ressorti nos 2 premiers albums l'année dernière. Ça aurait fait beaucoup trop."
Croyez-vous que les White Stripes ont encore de beaux jours devant eux?
Jack: "je ne crois pas que ça durera à jamais. Encore quelques albums mais je ne pense pas que ce soit un groupe à long terme. On veut s'amuser en faisant de la musique et ne pas devenir pathétiques et se répéter."
Propos recueillis par Mr Grieves
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15 juin 2002
Interview Supergrass (2002)
Forever young!S'il y a bien un groupe que l'on a toujours plaisir à entendre, c'est Supergrass. Les Anglais nous reviennent avec un album intitulé Life On Other Planets. Une nouvel essai concluant. Rencontre avec le bassiste Mickey et le batteur Danny.
Depuis son 1er album I Should Coco, Supergrass est le chouchou de la presse pop rock internationale. Un groupe, qui cultive aussi naturellement le style des Rolling Stones, des Beatles, des Kinks, de T Rex ou encore des Small Faces, ne peut que susciter l'intérêt. De passage à Paris pour promouvoir son 4ème album Life on Other Planet, Mickey Quinn et Danny Goffey nous ont reçu après avoir participé à quelques festivals pendant l'été...
Pourquoi être passé quelques temps en France avant d'enregistrer ce nouvel album?
Danny: "parce que c'était loin de l'Angleterre et qu'on voulait prendre des vacances. On voulait juste se relaxer loin des répétitions qu'on faisait en Angleterre. On a pris que des guitares acoustiques et tout ce qu'on a écrit n'est absolument pas présent sur notre album. C'étaient juste des chansons de tarés, juste pour créer une bonne ambiance. On est allés à Cannes, à Nice... et, ensuite, on est revenus en Angleterre pour enregistrer dans différents studio."
Pourquoi avez-vous choisi Tony Hoffer comme producteur?
Danny: "on avait rencontré avec nos managers trois ou quatre producteurs. Tony est venu nous voir dans le Sud de la France. On s'est pas mal amusé. Il est assez petit. Il nous a fait beaucoup marrer et, en revenant en Angleterre, on s'est dit qu'il ferait l'affaire."
Qu'est-ce qu'il vous a apporté en studio? Il y a beaucoup plus de sons électroniques cette fois-ci...
Danny: "les chansons qu'on a écrites comportaient plusieurs parties. On avait beaucoup d'idées. Il nous a apporté un synthé assez rigolo..."
Mickey: "on utilisait déjà un peu de sons électroniques sur nos albums mais il nous a encouragé dans cette voie."
Danny: "sur In It For The Money, on utilisait les sons électroniques d'une manière classique avec des claviers. Tony venait avec des sons de fou et on lui disait si ça convenait ou pas."
Le dernier morceau de Life On Other Planets sonne, à mon goût, très Air. Est-ce que c'est une voie que vous avez envie d'explorer à l'avenir?
Danny: "on a toujours fait des chansons douces comme celle-ci. Même sur le dernier album, il y avait Born Again. Il y avait déjà cette vibe un peu aérienne. Ça dépend de ce qui nous passe par la tête. Dès fois, t'es un peu énervé et t'écris que quelques accords... dès fois, on est plus atmosphérique. On a pas mal de démos instrumentales qui explorent ce côté doux."
Vous avez placé la même musique instrumentale au début et à la fin de votre album. Est-ce qu'il y a une raison particulière à cela?
Mickey: "oui, on a trouvé cette mélodie un après midi quand on travaillé sur l'album chez Gaz... on l'a intitulé Life On Other Planets et comme c'est devenu le titre de l'album, on l'a placé au début et à la fin pour, en quelque sorte, englober l'ensemble des morceaux de l'album. C'est juste un bout de musique qu'on a sorti comme ça et qui nous a plu."
Vous croyez en la possibilité de vie sur d'autres planètes?
Mickey: "je ne sais pas. Mais on nous a dit qu'on le saurait avant de mourir. Les scientifiques pensent qu'avec les avancées technologiques, on pourra savoir s'il y a des vies sur d'autres planètes. On est encore trop éloigné pour le voir... C'est intéressant."
Comment travaillez-vous en studio?
Mickey: "on écrit tous des paroles. On se réunit et on en parle. Parfois, l'un de nous arrive avec une idée de base pour une chanson mais sans paroles précises. Pour la musique, on écrit tous des choses et on les joue aux autres. Ensuite, on jamme et on trouve comment les jouer. Dès fois, on prend une partie d'une compo de l'un de nous et on l'ajoute à une partie d'un autre... à la fin, ça donne des titres où s'expriment les styles de chacun."
Vos albums sonnent en général très rock 70's et psychédélique. Regrettez-vous de n'être pas né plus tôt?
Danny: "non, en fait, j'aurais aimé naître plus tard pour savoir si il y a de la vie sur d'autres planètes (rires). Je ne regrette rien."
Pourquoi avoir sorti le single Never Done Something Like That Before sous la forme d'un 45 tours limité à 1500 exemplaires?
Danny: "c'était avant tout pour que les radios aient quelque chose de nouveau à passer. Ça nous rappelait le bon vieux temps où on sortait des 45 tours. Juste pour dire qu'on est de retour mais sans sortir un énorme single, juste pour que les gens nous entendent à la radio..."
Ecoutez-vous vos propres albums?
Mickey: "pas quand on vient de les finir. En général, ils ne me plaisent pas. Ça me prend environ 3 ans avant de pouvoir écouter un de nos disques. Parce que, sinon, je continue de travailler dessus dans ma tête. J'ai envie de les oublier..."
Quel est l'album de Supergrass que vous préférez?
Mickey: "sans hésiter, In It For The Money parce qu'il est très concis, qu'il a un son particulier qui reste pendant tout l'album. Ça lui donne du caractère."
Danny: "c'était quoi les singles déjà?"
Mickey: "Richard III, Sun Hits The Sky, Going Out"
Danny: "mon disque préféré? Je ne sais pas. C'est difficile à dire parce que c'est un peu comme nos enfants. J'aime bien I Should Coco parce que c'est lié à beaucoup de souvenirs excitants: la 1ère fois qu'on allait en studio, qu'on faisait un disque. J'adore cette période. Mais, musicalement, je n'ai pas de préférence."
Vous avez participé en 2001 à la BO d'un film sur le football. Vous vous y intéressez?
Danny: "oui, j'aime bien regarder à la télé mais je ne suis pas un vrai fan de foot. Je n'ai pas assez de temps pour devenir un vrai fan de foot, pour aller aux matches... Mais, quand on a rien à faire, un bon match, c'est sympa. Gaz et son frère sont vraiment des fans de foot. Mais, en fait, on a participé à cette BO avant tout pour faire plaisir à un ami."
Vous avez joué cet été au festival de Benicassim en Espagne. Vous en gardez un bon souvenir?
Mickey: "un très bon souvenir même si ça a été difficile. On revenait d'Australie le jour d'avant, on était donc un peu déboussolé. Mais, on n'avait pas joué là-bas depuis longtemps."
Et ensuite vous vous êtes produits en Angleterre dans un autre festival. C'était différent?
Danny: "Benicassim, c'est avant tout un festival pour faire la fête, encore que, cette année, il y avait beaucoup de bons groupes. En Angleterre, on est juste venu jouer et puis on est rentré chez nous boire un coup avec nos potes..."
Mickey: "à Benicassim, les gens sont vraiment là pour s'amuser. En Angleterre, il y a beaucoup trop de média et beaucoup plus de pression d'une certaine façon. Y'a trop de caméras."
Vous avez eu le temps de voir d'autres groupes?
Mickey: "j'ai vu Electric Soft Parade, The Cure"
Danny: "personnellement, je suis resté le soir d'après qu'on ait joué. J'ai vu Primal Scream, Radiohead... L'ambiance était très festive."
En 2002, le rock a relevé la tête. De nombreux groupes ont émergé (The Strokes, The White Stripes, The Hives, The Vines...). Est-ce que vous vous trouvez des points communs avec ces groupes?
Danny: "à nos débuts, quand on était plus jeune, on avait un peu le même esprit que ces groupes. C'est cool de voir des groupes comme ça éclorent maintenant et de les entendre dire qu'on fait partie de leurs groupes favoris. C'est gentil. Ça ne nous était jamais arrivé avant. On devient vieux en fait... Non, on a commencé très jeune. Il y a quelques années, la scène rock n'était pas bonne du tout. C'est donc bien de voir que ces groupes sortent de bons albums aujourd'hui."
Vous avez assisté à des concerts de certains de ces groupes?
Mickey: "j'ai vu les Vines. C'était très divertissant. Le chanteur est fou. Il me rappelle certains adolescents quand il crie. J'aime bien l'album des White Stripes aussi."
Est-ce que le fait d'avoir des enfants à changer la façon dont vous considérez la musique?
Danny: "ça a changé ma vie mais pas ma musique. Mon gamin est allergique à la musique. Dès que sa mère essaie de chanter, il hurle."
Mickey: "le mien adore John Lennon et les Beatles. Dès qu'on met un Cd des Beatles, il est heureux."
Etes-vous attiré...
Danny: "par les hommes? (rires)"
Etes-vous attirés par d'autres arts que la musique?
Danny: "le cinéma. Je m'implique dans les clips du groupe."
Mickey: "mais tu n'as jamais réalisé un clip pour un autre groupe."
Danny: "ce serait marrant... Gaz fait de la peinture avec sa petite amie... sinon, je jardine, c'est une forme d'art. Je cuisine, c'est une forme d'art... Non, en fait, j'adore regarder des films. Je pourrais être acteur."
En février, Supergrass aura 10 ans. Vous avez prévu de faire quelque chose de spécial?
Danny: "je ne savais pas ça. Où l'as-tu vu?"
Mickey: "on va faire une fête au champagne. On pourrait sortir un truc spécial..."
Danny: "peut-être un album live? Merci pour l'idée!"
Vous vous voyez encore dans Supergrass dans 10 ans?
Danny: "je ne sais pas. On doit faire encore 2 albums pour finir notre contrat."
Mickey: "et le 5ème sera le meilleur! En fait, on ne pense pas beaucoup à l'avenir... C'est assez effrayant d'y penser."
Vous pensez pouvoir faire une carrière comme les Rolling Stones et tourner encore à 60 ans?
Danny: "on ne veut pas devenir un vieux groupe. On n'a pas assez de force pour tenir aussi longtemps. Je ne sais pas. Ça dépend comment va évoluer notre musique. Je ne veux pas faire du rock'n roll, sauter sur scène jusqu'à 60 ans."
Mickey: "il faut alors faire des chansons plus lentes."
Danny: "il faudrait prendre des pilules pour ne pas vieillir ou nous cloner!"
Propos recueillis par Mr Grieves
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05 juin 2002
Interview The Breeders (2002)
La renaissance!Après 8 ans de silence, The Breeders revient sur le devant de la scène rock avec Kim Deal, sa soeur Kelley, trois nouveaux membres et l'album Title TK produit par Steve Albini. Rencontre avec l'ex-Pixies et son bassiste Mando Lopez...
8 ans ont passé depuis les dernières notes jouées en concert par les Breeders. Kim Deal a entre-temps monté les Amps avec qui elle a sorti un album mais, depuis 1995, plus de nouvelles. Evidemment, quand on apprend que le groupe fait son come back, on peut crier au coup médiatique ciblé sur les nostalgiques du rock américain du début des années 90, aficionados des Pixies ou de Nirvana. Mais il suffit de rencontrer Kim Deal et Mando Lopez pour que tous ces préjugés volent en éclat...
En 1994, vous avez dissout les Breeders...
Kim Deal: "non! Kelley a été arrêtée à cause de l'héroïne! Je n'ai rien dissout. Il y avait des convocations devant la cour, les avocats à voir... donc Kelley était très occupée et Josephine (bassiste) faisait ses trucs mais Jimmy (batteur) et moi, on continuait à jouer. On a donc fait le disque des Amps et, puis, on était coincé à attendre que les filles reviennent. Josephine n'est pas revenue..."
Vous savez pourquoi Josephine n'est pas revenue?
Kim Deal: "je ne sais pas. Elle était à New York et faisait autre chose. Je ne l'ai pas revue depuis la tournée des Amps en 1995. Je l'avais vue à Los Angeles. C'était bizarre car elle est venue à des concerts mais elle n'est jamais venue me voir..."
Après la tournée avec les Amps, qu'est-ce qui s'est passé?
Kim Deal: "j'ai essayé de trouver des gens avec qui jouer pendant 2 ans. Je continuais à écrire des chansons et à enregistrer dans mon propre studio. Je tournais en rond dans ma cave et j'ai décidé d'aller à New York. Mais, à la fin des années 90, c'était le règne du hip-hop et de Protools (un logiciel d'enregistrement numérique). Tous les ingénieurs du son utilisaient ce nouvel outil. Moi, je voulais enregistrer sur bande analogique. Lors des 1ers enregistrements, les ingénieurs du son avaient pris quelques-unes de mes parties de guitare et les avaient mises en boucle avec leurs ordinateurs. Quand j'ai entendu ça, j'ai dit aux types d'arrêter. Je n'allais pas laisser ces gars choisir les notes qui seraient sur l'album à ma place! Ça craint!"
Vous avez donc choisi de travailler avec Steve Albini déjà présent sur le 1er Breeders Pod et sur Surfer Rosa des Pixies?
Kim Deal: "oui. J'ai appris la batterie pour pouvoir tout jouer moi-même et puis, je suis allée voir Steve Albini pendant l'été 1999. Y'a 6 heures de route entre Dayton (Ohio), où j'habite, et Chicago, où sont ses studios. Mon père m'a conduite là-bas dans un pick-up et j'ai enregistré 3 chansons: The She, Forced To Drive et Too Alive. Ça sonnait bien et je voulais continuer seule. Mais je n'avais pas pensé à une chose: "si je finis ce disque, je n'aurai toujours pas de groupe". Il aurait fallu que j'engage des musiciens de studio et j'ai toujours été dans des groupes. Ça ne me ressemblait pas. J'aurais pu monter le Kim Deal Project (rires)..."
Comment avez-vous finalement rencontré vos nouveaux partenaires?
Kim Deal: "au moment où j'en avais assez d'enregistrer seule et je ne cherchais même plus des gens avec qui jouer, tellement ça me désespérait, je suis tombée sur ces types. C'était à New York en mars 2000."
Mando Lopez: "on était en tournée avec Fear. Après le concert, on voulait aller boire dans un bar. Notre manager, Kevin, nous a emmenés au Motor City à New York. Kim était là-bas avec des amis. C'est notre manager qui nous l'a dit. Moi, je voulais aller lui dire bonjour mais elle devait retourner dans un studio que tenaient ses amis. Il était 3h30 du matin. Le bar fermait à 4h00. On est donc allé avec Kim dans le studio pour prendre encore quelques bières."
Kim Deal: "donc, on s'est tous rassemblés dans une pièce et on a joué. A Los Angeles, si tu voulais jouer avec des gens, il fallait les payer! Je n'avais jamais vu ça!"
Quand avez-vous décidé de faire équipe ensemble?
Mando Lopez: "on s'est arrêté vers 5h00 et Kim nous a demandé: "qu'est-ce que vous faites après cette tournée?" On lui a répondu que notre chanteur était acteur à Los Angeles et qu'il avait d'autres projets. Donc, quand on reviendrait à Los Angeles, on rechercherait du boulot. En gros, on était disponible..."
Kim Deal: "Kelley nous a rejoint en juillet, on a rencontré notre batteur en novembre et on a enregistré tous ensemble chez Steve Albini en mars 2001. On a eu un batteur entre juillet et novembre mais sa mère est morte et il ne voulait pas partir en tournée."
Comment travaillez-vous en studio pour choisir les arrangements de chaque chanson? Par exemple, sur le début du 1er titre de l'album, il n'y a que le chant et la batterie...
Kim Deal: "à l'origine, Little Fury, devait n'être enregistré qu'avec le chant et la batterie. Mais, on a dit à Richard qu'il devrait essayer de jouer dessus et il a trouvé un truc sympa. Donc, on a changé d'avis en cours d'enregistrement. On garde ce qui sonne cool. On enregistre live puis on rajoute des choeurs et quelques notes en plus."
Mando Lopez: "on n'arrête pas d'essayer des idées différentes, tous ensemble en studio. On passe par 4 versions différentes avant d'en garder une définitive."
Vous avez passé combien de temps en studio?
Kim Deal: "on y est resté 2 mois tous ensemble puis j'ai continué à faire des modifications sur le mixage jusqu'en décembre 2001 chez Steve Albini. Avec Steve, ça prend plus de temps de refaire un mixage car il ne garde pas en mémoire ses réglages, peut-être pour les garder secrets. Donc, quand je lui demandais de baisser un peu ma voix, il disait: "Oh Kim, il faut que je recommence tout" et, finalement, je lui disais d'oublier ce que j'avais dit, sinon ça prendrait encore trop de temps..."
Ensuite, vous êtes partis en tournée aux Etats-Unis début 2002...
Kim Deal: "on a tourné dans des clubs et des salles plus grandes."
Mando Lopez: "tout était complet. C'était une très bonne tournée."
Kim Deal: "on avait tourné aussi pendant l'automne 2001 et on avait déjà presque toutes nos nouvelles chansons. A cette époque, je me suis posée des questions: "est-ce que les gens allaient venir?" Ça me faisait peur."
Mando Lopez: "il y avait des gens plutôt âgés et aussi des adolescents..."
Kim Deal: "et ils connaissaient déjà les paroles des nouvelles chansons grâce à Internet. C'était bizarre mais cool."
Vous n'avez d'ailleurs pas de site officiel.
Kim Deal: "non, je n'ai pas d'ordinateur. Mais quelqu'un s'occupe d'un site sur nous. Il s'amuse bien. Je crois qu'il s'appelle Ben. Ça s'appelle Noaloha. Ma soeur, par contre, a un site..."
Pourquoi avez-vous appeler votre album Title TK?
Kim Deal: "Title TK veut dire Title To Come (titre à venir). Dans le langage des journalistes, c'est très courant. Je trouvais ça drôle. J'y avais déjà pensé quand je travaillais sur The Last Splash mais on ne l'a pas gardé. Et année après année, voyant qu'aucun album des Breeders ne sortait, ça devenait de plus en plus drôle..."
Qu'est-ce qui vous inspire pour l'écriture de vos textes?
Kim Deal: "ça dépend... Ce sont des choses bien précises. Je n'associe pas des mots pour le plaisir comme peuvent le faire certains. Par exemple, pour Little Fury, c'est un couteau que tu peux acheter dans des boutiques et qui s'appelle "Fury". Je me baladais avec des B-Boys, bien ancrés dans le mode de vie hip-hop. Je crois qu'ils se prennent pour des gangsters ou quelque chose comme ça. Faut faire gaffe à ses affaires... Mais, en fait, ce couteau est tout petit. Il me l'a montré et je lui ai dit: "c'est ça, j'ai super peur!" D'où Little Fury pour se moquer un peu de lui...."
Vous allez maintenant continuer à jouer avec les Breeders?
Kim Deal: "oui, de toute façon, ils ne peuvent pas me quitter sinon je les tue! C'est comme la mafia!"
Propos recueillis par Mr Grieves
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20 mai 2002
Interview Muse (2002)
Bêtes de scène!Rencontre avec Chris Wolstenholme, bassiste de Muse, alors que le groupe anglais allait sortir le Dvd live et le double album Hullabaloo. L'équipe d'Angleterre n'était pas encore éliminée du Mondial... Bref, le groupe avait tout pour être confiant.
Jonglant entre les matchs de l'équipe d'Angleterre à la Coupe du Monde de football et une promo intensive pour la sortie le 1er juillet de leur Dvd et du double Cd Live/B-Sides Hullabaloo, les Anglais de Muse ont eu du mal à se réveiller pour entamer leur 2ème journée de promo à Paris. C'est donc le bassiste Chris Wolstenholme, d'habitude en retrait derrière le charismatique et médiatique chanteur Mattew Bellamy, qui répond à nos questions. Une bonne occasion de faire connaissance avec le pilier rythmique de la formation.
Quand vous est venue l'idée d'enregistrer un live?
Chris Wolstenhom: "on a commencé à y réfléchir au milieu de l'année dernière. Beaucoup de groupes le font à la fin de leur carrière mais, nous, on a décidé de le faire plus tôt. On voulait faire quelque chose qui englobe nos 2 premiers albums car, sur cette tournée, on jouait des titres des 2 albums. On arrivait à la fin de l'année, à la fin de notre tournée pour Origin of Symmetry. Ça nous semblait sympa de tout mettre sur un même album et un Dvd. En plus, ça nous laissait le temps de nous concentrer sur notre nouvel opus. On ne pouvait pas imaginer rentrer directement en studio à la fin de la tournée comme on l'avait fait entre Showbiz et Origin Of Symmetry. On avait besoin de temps..."
Pourquoi avoir choisi Paris pour enregistrer ce live?
Chris Wolstenhom: "probablement parce que la France est le pays où on a vraiment explosé en premier. On avait joué au New Morning (Paris) devant une centaine de personnes et la salle était remplie à craquer. C'était incroyable de voir qu'autant de monde s'était déplacé alors qu'on avait même pas sorti notre 1er album. Très rapidement, on a joué dans des salles plus grandes et le public était tellement enthousiaste que ça en devenait dingue, notamment à Paris. On a donc pensé que ce serait une bonne idée de l'enregistrer ici, même si on a joué aussi dans d'autres Zénith... En plus, le concert de Paris était très sympa. Ça a été un peu bizarre pendant la journée, on était un peu stressé en pensant à toutes ces caméras qui nous attendaient, les dépenses que ça impliquait. On se disait que si on faisait une erreur, ça allait être un cauchemar. Mais, ça s'est très bien passé finalement. "
Il y a eu de grandes différences entre la dernière tournée et celle de Showbiz. Plus de lumières, plus d'effets, plus de vidéos... Est-ce que la mise en scène est quelque chose d'important pour vous?
Chris Wolstenhom: "oui. Quand vous jouez dans des petites salles, tout le monde est serré et tout le monde peut voir ce qui se passe. Mais quand les salles deviennent plus grandes, on est obligé de s'impliquer dans la mise en scène. Plein de gens au fond des salles ne voient pas grand chose car c'est trop grand. Il faut donc faire plus que simplement jouer. On travaille les jeux de lumière et les jeux de scènes pour que les gens en voient le plus possible. Si les gens paient, on doit s'arranger pour qu'ils puissent tout voir."
Vous dégagez beaucoup d'énergie sur scène mais quand on vous voit en dehors vous semblez être très calmes. Qu'est-ce qui se passe lorsque vous montez sur scène?
Chris Wolstenhom: "je ne sais pas en fait. Avant les concerts, on reste 5 minutes dans nos loges. On reste très calme. On est pas trop nerveux. Il y a juste un peu de tension avant d'entrer sur scène. Dès qu'on joue les premières notes, ça va car, sur scène, on fait ce qu'on veut. Il n'y aucune restriction. On se sent libre et ça dégage beaucoup d'émotions. Notre énergie vient de là, je pense."
Sur scène, vous semblez extrêmement à l'aise, un peu comme un groupe confirmé. D'où ça vient?
Chris Wolstenhom: "ça vient surtout du fait qu'on est ensemble depuis 8 ans. On avait 15 ans quand on a commencé Muse. On a grandit ensemble. Le groupe a grandit avec nous. On a appris beaucoup les uns des autres. Il y a une véritable alchimie au sein du groupe. Il y a beaucoup de formations où les musiciens ne s'entendent pas très bien. Quand, dans un groupe, tout va bien, ça se ressent forcément sur scène."
En tournée, vous êtes toujours tous les 3 ensemble. Est-ce que ça ne crée pas des tensions parfois?
Chris Wolstenhom: "non, ça nous rend plus fort. Passer beaucoup de temps ensemble n'est pas un problème, peut-être parce qu'on se connaît vraiment bien. On sent quand l'un de nous à besoin d'un peu de tranquillité ou, si on ne le voit pas, on n'a aucun problème pour se dire les choses en face."
Est-ce que, parfois, à force de jouer les mêmes chansons, vous ne ressentez pas une certaine lassitude pendant les tournées?
Chris Wolstenhom: "on essaie toujours de ne pas garder les mêmes titres tout le temps. On change pas mal nos sets. Si on joue trop une chanson, on la met de côté pendant un moment et on fait autre chose. A chaque concert, on essaie de faire 4 ou 5 nouvelles chansons. Ça nous permet de mettre des anciens titres de côté et, du coup, on ne joue pas assez longtemps le même set pour ressentir de la lassitude."
Vous allez donc jouer de nouveaux titres cet été dans les festivals?
Chris Wolstenhom: "oui. On doit jouer dans 2 ou 3 festivals cet été et on devrait y présenter 4 nouvelles chansons."
Vous allez rentrer directement en studio après vos apparitions dans des festivals cet été?
Chris Wolstenhom: "on va prendre quelques semaines pour faire un break et essayer d'enregistrer en octobre, novembre ou décembre. On a une maison à Londres où on peut répéter. On vit là-bas et on a plein de chansons à répéter. Pendant les festivals, on pourra déjà commencer à répéter car les festivals ont lieu en général le week end, ce qui nous laisse toute la semaine pour travailler des morceaux. On a vraiment envie de prendre notre temps cette fois."
Vous n'avez pas tourné aux Etats-Unis pour Origin Of Symmetry?
Chris Wolstenhom: "non, on attend encore un peu. On ira peut-être à la fin de l'année ou l'année prochaine mais on doit, avant tout, trouver le bon groupe avec qui tourner. C'est pour ça qu'on n'a pas sorti Origin Of Symmetry là-bas. Ça sert à rien de sortir un album, si on ne fait pas de concerts après. En plus, ça demande beaucoup de temps. Donc, pour le moment, on se concentre sur l'Europe et on a fait 5 ou 6 shows au Japon."
Ça change beaucoup de choses de jouer au Japon?
Chris Wolstenhom: "c'est très différent. Ce sont de vrais fanatiques. Nos fans japonais nous suivent partout mais sont très respectueux. Ils sont là quand on descend de l'avion, quand on le prend. Ils sont très enthousiastes, peut-être parce que peu de groupes occidentaux viennent leur rendre visite."
Est-ce que vous vous souvenez du 1er concert que vous avez fait ensemble?
Chris Wolstenhom: "c'était dans le cadre d'un concours entre groupes dans notre ville natale. On avait formé le groupe depuis 6 semaines et on avait fait une ou deux répétitions. On avait vu ces affiches sur les murs de la ville. On s'est inscrit et on a répété pour avoir 6 chansons de prêtes. On s'est retrouvé avec des groupes qui avaient beaucoup de technique, des groupes de funk qui ne faisaient que des reprises. On a bu de la bière. On a joué nos morceaux et une reprise de Nirvana, Tourette's. On a demandé à nos potes de monter sur scène, ce qui a foutu un peu le bordel! On a retourné la salle. On était là uniquement pour s'amuser et on a gagné le concours. C'est assez rigolo. On avait que 14 ou 15 ans à l'époque. C'était fabuleux. On écoutait Nirvana, les Smashing Pumpkins, Rage Against The Machine..."
Quel concert d'un autre artiste vous a le plus touché?
Chris Wolstenhom: "Brian Wilson des Beach Boys. Je suis allé le voir la semaine dernière et c'est le meilleur concert que j'ai jamais vu. Il n'arrive plus à chanter aussi bien qu'avant. Il a près de 65 ans maintenant. Mais son groupe était fabuleux. Il a fait 2 sets, d'abord tous ses classiques puis l'album Pet Sounds en entier et, pour finir, Good Vibrations. C'était un concert émouvant. J'écoute les Beach Boys depuis que j'ai 5 ans. C'est même la 1ère musique que j'ai écoutée. J'ai emmené ma petite amie et elle a adoré aussi. C'était tout simplement incroyable!"
Quand avez-vous enregistré les B-Sides qui figurent sur l'album?
Chris Wolstenhom: "les 1ères ont été écrites il y a 3 ans. Elles sont sorties sur les singles."
Si vous aviez écrit plein de chansons avant Origin Of Symmetry, pourquoi ne pas avoir fait un double album?
Chris Wolstenhom: "je ne pense pas que ça valait le coup de faire un double album. Parfois, un double album peut être une erreur à moins d'avoir 24 chansons géniales. Il vaut mieux un album plus court mais avec des chansons plus fortes. De toute façon, seulement 2 ou 3 des B-Sides ont été enregistrées en même temps qu'Origin Of Symmetry. Les autres titres ont été enregistrés pendant la tournée lorsque nous avions le temps de passer une demi-journée en studio. On a expérimenté des choses, essayé de faire des trucs différents sans avoir l'intention que ça figure sur un album. En Angleterre, lorsque tu sors un titre, il est disponible sous la forme de 2 singles. Chaque single est accompagné de 2 B-Sides qui sont différentes. Il faut donc avoir 4 B-Sides pour un single! On a voulu les rassembler sur un même disque car, en Europe, les gens achètent moins de singles qu'en Angleterre et ils ne connaissaient donc pas toutes ces chansons."
Sur le single Dead Star, extrait de Hullabaloo, pourquoi avoir fait une reprise de Can't Take My Eyes Off You?
Chris Wolstenhom: "on a fait un show télé en Angleterre appelé Recovered. Le principe est que tu dois jouer un de tes morceaux et une reprise que tu n'as jamais jouée avant. C'est une chanson typique de karaoké en Angleterre. Toutes les machines de karaoké ont cette chanson dans leur liste. Ça nous faisait marrer de la reprendre, c'est tellement éloigné de ce qu'on fait d'habitude... Sur Origin Of Symmetry, on avait repris Feeling Good après l'avoir joué sur Radio 1. L'ex de Mattew adorait cette chanson et n'arrêtait pas de la mettre à la maison. C'est étrange car les paroles de cette chanson sont très positives alors que la musique sonne un peu sombre. Elle s'intégrait bien au reste de l'album donc on l'a ajoutée. Pourtant, au départ, elle ne devait pas y figurer..."
Pensez-vous que le power trio est la formule idéale pour un groupe de rock?
Chris Wolstenhom: "ça dépend des groupes. Pour nous, c'est bien. On a déjà pensé à trouver un 4ème membre pour le piano mais Mattew en joue si bien... Sur le 1er album, il y a pas mal de titres avec le piano et la guitare en même temps. Pour le 2ème, on a essayé de faire des titres qu'avec la guitare ou qu'avec le piano ou, alors, éviter que les 2 soient joués en même temps. Mattew s'est beaucoup entraîné au piano et, donc, on a plus éprouvé le besoin de trouver un 4ème membre. A trois, on est obligé de travailler beaucoup car personne ne peut se cacher derrière un autre. Dans beaucoup de groupes, lorsqu'il y a 2 guitares, un des deux guitaristes est souvent très bon, le 2ème reste en retrait et le bassiste également. Dans un trio, tout le monde est sur le même pied d'égalité."
Vos concerts dégagent des atmosphères futuristes? Vous intéressez-vous à la science-fiction?
Chris Wolstenhom: "Mattew s'y intéresse pas mal. Il a lu beaucoup de livres sur la géométrie, la dimension de l'univers et sur les mathématiques. Ses paroles sont souvent influencées par ça..."
Comment gérez-vous votre popularité? Est-ce que ça ressemble à ce que vous imaginiez lorsque vous aviez 15 ans?
Chris Wolstenhom: "on n'a jamais pensé qu'un jour on en arriverait là. On peut se promener dans la rue, on ne nous reconnaît pas vraiment. Il n'y a aucun problème de ce côté-là. On évalue notre popularité uniquement pendant les concerts lorsqu'on joue devant des milliers de gens... C'est assez tranquille. On n'est pas la cible des tabloïds anglais car ils font leur beurre surtout avec les groupes pop. On ne va pas dans les soirées branchées car ça ne nous intéresse pas."
Vous sonnez souvent comme un groupe américain. Vous vous sentez plus proche de la scène rock américaine ou anglaise?
Chris Wolstenhom: "je ne sais pas. Nos racines rock viennent probablement des Etats-Unis. On écoutait beaucoup de groupes de là-bas, les Smashing Pumpkins, Rage Against The Machine. Quand on a commencé à jouer, la scène rock anglaise était merdique. Il y avait Oasis et Blur. Je n'ai rien contre eux mais ce n'est pas le genre de musique qu'on écoutait à l'époque. On a aussi pas mal d'influences classiques, ce qui a pu nous faire sonner un peu plus ambitieux que les autres groupes. En plus, la plupart des groupes anglais sont influencés par des groupes anglais et sonnent donc très anglais alors que, nous, on tire notre inspiration de plein de trucs différents."
Comment vous voyez-vous dans 10 ans?
Chris Wolstenhom: "je ne sais pas. Ce n'est pas très sain de se poser ce genre de question. Si on regarde trop loin, on risque de commencer à s'inquiéter de ce qui se passe en ce moment. On ne regarde jamais plus loin que le prochain album. On ne sait pas ce qui peut arriver dans les 10 années qui viennent. Qu'est-ce qui peut arriver dans nos vies, dans le groupe, dans la musique en général? On pense au studio, à l'enregistrement et à la prochaine tournée et, ensuite, on pensera à l'album d'après et ainsi de suite..."
Quel est le dernier groupe à vous avoir mis une claque?
Chris Wolstenhom: "je dirais The Hives. J'ai acheté leur album car mon fils, âgé de 3 ans, les avait vu à la télé et il adorait ce groupe. Je l'ai écouté et je me suis dit que c'était vraiment bien. Il y a aussi System Of A Down avec Toxicity. Cet album est l'un de mes préférés parce qu'il se démarque de la scène néo metal qui stagne un peu depuis 4 ans. Ce groupe porte le metal vers d'autres horizons. On a rencontré le chanteur il y a quelques semaines et on a beaucoup parlé de leurs influences arméniennes, russes et américaines. Je pense que c'est le meilleur album metal de ses 10 dernières années."
Propos recueillis par Mr Grieves
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