25 avril 2006

Peter Von Poehl - Going Where the Tea Trees Are

01. Going Where the Tea Trees Are
02. Tooth Fairy
03. Travelers
04. Virgin Mountains
05. A Broken Skeleton Key
06. Global Conspiracy
07. Scorpion Grass
08. The Story of the Impossible
09. Tooth Fairy part II
10. The Lottery
11. Little Creatures
12. The Bell Tolls Five

Vous ne connaissez pas son nom mais vous l’avez peut-être déjà vu sur scène derrière Michel Houellebecq, Alain Chamfort ou encore Bertrand Burgalat. Peter Von Poehl a commencé sa carrière en France comme guitariste de ces illustres personnages avant de se consacrer à la composition et à l’écriture. Il s’est ainsi associé à Doriand pour enregistrer le nouvel album de Lio en 2004. Cette dernière collaboration pourrait vous effrayer mais, rassurez-vous, Peter Von Poehl ne se dope ni aux Banaba Splits ni aux Brunes ne comptent pas pour des prunes. Le guitariste est plutôt orienté pop folk…

Going Where the Tea Trees Are s’ouvre délicatement sur le titre qui donne son nom à l’album, une ballade pop soul emmenée par une batterie fine, un chant délicat, une basse groovy et un saxophone mélodique larmoyant, un peu dans l’esprit de Air et de sa BOF Virgin Suicides. Peter Von Poehl se distingue par la douceur de ses productions. Il donne l’impression de murmurer ses compositions comme s’il était penché au-dessus d’un berceau.

En l’occurrence, l’auditeur est ici bien chouchouté : entre Travelers deep pop perdue entre Gainsbourg et Beck, A Broken Skeleton Key pop entraînante, Scorpion Grass et The Lottery, titres plus tortueux, Peter Von Poehl séduit par ses arrangements de cordes et de cuivres jamais outranciers, toujours finement distillés. A découvrir pour les plus calmes d’entre nous.

Mr Grieves (Indiepoprock.net)

16 avril 2006

The Eighteenth Day of May - The Eighteenth Day of May

01. Eighteen Days (MP3)
02. Sir Casey Jones
03. The Highest Tree (MP3)
04. Deed I Do (MP3)
05. Hide & Seek
06. Twig Folly Close
07. Lady Margaret
08. Cold Early Morning
09. Monday Morning's No Good Coming Down
10. The Waterman's Song To His Daughter (MP3)
11. Flowers of The Forest (MP3)
12. The Mandrake Screams

En 1967, les Byrds ont découvert une DeLorean volante. Ils ont embarqué direction le début du troisième millénaire. Bloqués à notre époque, ils ont cherché un label et, pour des raisons légales, ont changé leur nom en The Eighteenth Day of May. Ils signent aujourd’hui ce premier album brillamment folk.

Bercées par des guitares électriques aux sons d’une clarté angélique et par des voix mélodieuses, les chansons du groupe se veulent naïves et bucoliques. Entre les douces litanies Eighteen Days, Deed I Do, Flowers of the Forest, les sautillants Sir Casey Jones, The Highest Tree, Lady Margaret, ou la folk typique de Monday Morning’s No Good Coming Down, The Eighteen Day of May démontre un excellent savoir-faire.

Pour finir et ne rien gâcher, le groupe incorpore avec parcimonie des flûtes, des cithares, de l’harmonium, des mandolines et de l’harmonica, donnant ainsi plus de profondeur et d’universalité à sa musique. En gros, on est vraiment loin d’un groupe de folkeux rednecks élevés à la bière… The Eighteenth Day of May chie tout simplement la classe (n’ayons pas peur des mots).

Mr Grieves (Indiepoprock.net)

13 avril 2006

Dresden Dolls - Yes, Virginia

01. Sex Changes
02. Backstabber
03. Modern Moonlight
04. My Alcoholic Friends
05. Delilah
06. Dirty Business
07. First Orgasm
08. Mrs O
09. Shores Of California
10. Necessary Evil
11. Mandy Goes To Med School
12. Me & The Minibar
13. Sing

Dresden Dolls n’est pas une équipe de gymnastique est-allemande. Mais tes larmes n’y pourront rien changer. Amanda Palmer (piano, voix, hystérie) et Brian Viglione (batteur, énergie) ont laissé au vestiaire leur combinaison de gymnaste et forment aujourd’hui l’un des rares duos punk cabaret américain. Reprenant l’imagerie du cabaret allemand des années 20, plus précisément celui émergeant sous la République de Weimar (voir cours d’Histoire niveau lycée), Dresden Dolls cultive dans sa musique le drame et la violence.

Essayez d’imaginer Nico (celle du Velvet Underground, pas Nicolas Peyrac) percutant de plein fouet Muse, tirant derrière lui PJ Harvey sur des dizaines de mètres, écartelant Courtney Love parce qu’elle l’a bien cherché et vous pourrez vous vanter d’avoir beaucoup d’imagination… Tout comme les duos Sonny & Cher, The White Stripes, Simon & Garfunkel ou encore Wham!, Dresden Dolls possède une identité musicale qui capture l’ambiance de son époque. Entre introspection, mal-être, crise existentielle, titres bouillonnants et chansons douces que me chantait ma maman, enrobé d’un concept musical original, Yes, Virginia promet des concerts enflammés pour 2006.

Une dernière chose: si jamais vous êtes psychologiquement fragile, l’écoute des Dresden Dolls risque d’aggraver votre cas. En conséquence, suivez un traitement, faites du sport et, seulement ensuite, délectez-vous de leur musique.

Mr Grieves (Indiepoprock.net)

10 avril 2006

Venus - The Red Room

01. Here & Now
02. Everybody Wants to Be Loved
03. Love and Loss
04. Mother's Voice
05. Underwater
06. Everything that Rises Must Converge
07. The Red Room
08. Add Stars to the Sky
09. Who the Fuck Gave You this Invitation
10. The Northern Cross
11. I Spoke Too Soon
12. Poison
13. Unknown

Venus, déesse de l’amour. Venus, deuxième planète du système solaire. Venus, groupe fondé en 1997 à Bruxelles. De ces 3 homonymes, le premier est de loin le plus séduisant mais c’est bien du troisième dont nous allons parler ici. 2 ans après Vertigone et le single Beautiful Days, Venus est de retour avec ce nouvel album.

Qu’il est loin le temps de She’s So Disco et des premières compositions euphoriques du groupe, tout en acoustique. Aujourd’hui, Venus nous plonge dans les ténèbres avec une mixture lourde et entêtante, digne d’une bande originale de film indépendant oppressante à souhait. Plus de place pour la rigolade, la tonalité de ce nouvel album est hautement solennelle. A mi-chemin entre la richesse mélodique de Nick Drake et le lyrisme insolent de Muse, Venus nous parle de blessures, de perdition, de solitude, d’enfermement, d’échec avec une résignation qui fait froid dans le dos.

Soutenus par une production sans artifice signée Head (PJ Harvey, Marianne Faithfull..., les Belges signent donc un troisième album hypnotique, résolument indépendant et d’une noirceur fascinante. A ne pas mettre entre toutes les mains…

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30 mars 2006

Pretty Girls Make Graves - Elan Vital

01. The Nocturnal House (MP3)
02. Pyrite Pedestal
03. The Number
04. Parade
05. Domino
06. Untitled
07. The Magic Hour
08. Selling The Wind
09. Pearls on a Plate
10. Pictures of a Night Scene
11. Wildcat
12. Bullet Charm

Des jolies filles qui creusent des tombes ? Oui pourquoi pas. Ce charmant groupe américain nous vient de Seattle où il s’est formé en 2001. Son nouvel album Elan Vital fait suite à The New Romance (2003) et Good Health (2002). Précédé d’une très bonne réputation acquise sur scène en voyageant dans les valises de Bloc Party, Franz Ferdinand et Death Cab for Cutie, Pretty Girls Make Graves signe un nouvel opus à la hauteur de ses ambitions.

Plus efficace et varié que The New Romance, Elan Vital explore avec aisance des espaces psychédéliques, noisy et indie rock porté par la belle voix d’Andrea Zollo et la finesse de jeux d’instrumentistes hautement inspirés. Les arrangements semblent mûrement réfléchis (notamment les claviers), les structures bien léchées, le mixage aux petits oignons bref le quintet et le producteur Colin Stewart (Black Mountain, Destroyer) ont fait de l’excellent boulot !

Pretty Girls Make Graves arrive aujourd’hui à maturité et maîtrise parfaitement son art. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le morceau d’ouverture The Nocturnal House entre dub et psychédélisme, Pyrite Pedestral, un titre dans l’esprit d’Electrelane, The Number un morceau electro clash mais sans machine… et de poursuivre béatement l’écoute de cet album jusqu’à la dernière piste. Une vraie réussite dans le genre indie rock.

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24 mars 2006

The Sunshine - Love

01. Sabotage
02. Simon Le Bon
03. She's My Television (VID)
04. C'mon Yeah
05. Love
06. Saturday Night
07. Jesus United
08. I Get Around
09. Straphanger Girl
10. Beat It

The Sunshine est un combo chevelu originaire de Suède. Comme bon nombre de ses compatriotes (The Soundtrack of Our Lives, The Hives…), ce jeune groupe est un fervent défenseur du son vintage. Il signe aujourd’hui son premier album Love, éloquent tribute aux groupes anglais des sixties menés par les frères siamois The Beatles et The Kinks.

Emmené par Pelle Tamleht, chanteur moustachu, fanfaronnant sur l’amour, les filles et la fête, The Sunshine livre des compositions simples, efficaces et directes, réminiscences du bon vieux temps. La recette n’a rien d’original, les chansons sonnent parfois comme des génériques de sitcoms américains (une marque de soda qui apporte le bonheur aux plus défavorisés a d’ailleurs utilisé le single Love pour sa dernière campagne de pub), mais ce premier opus reste tout de même une bonne surprise.

Entre Sabotage, dans l’esprit des Kinks, She’s My Television, titre pop 60’s ultime, Simon Le Bon, hymne pop à la Beatles (avec trompette s’il vous plaît), ou encore Love, idéal pour se donner la pêche le matin en sirotant son soda rouge et blanc, The Sunshine ravive des cendres qui semblent ne jamais vouloir s’éteindre. Chaud devant !

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18 mars 2006

The Holy Ghost - Welcome to Ignore Us

01. Commercial (MP3)
02. Genghis Khan
03. Did I Wear U Out
04. Shut up and Play
05. Chez Parée
06. Jiggle
07. 40 Winks
08. Bastard Sun
09. Pyramid
10. Graciana Olé (MP3)
11. To the Kingdoms
12. Shoe

La Big Apple est un des viviers de la scène rock mondiale. Après The Strokes, Interpol, The Walkmen, The Rapture, The Moldy Peaches, The Bravery, Elefant, We Are Scientists, voici venu le tour de The Holy Ghost. Il aura fallu 2 ans pour que le troisième album du quatuor débarque chez nos disquaires.

Welcome to Ignore Us est un bon album indie rock. The Holy Ghost dispose d’une bonne grosse section rythmique à l’américaine, fondamentalement groovy et typiquement rock, d’une guitare saturée bien incisive et d’un chant mélodique à souhait. Après le morceau d’ouverture Commercial, exemple d’efficacité rock, le quatuor dévoile une autre facette de sa musique avec la ballade pop rock sautillante Genghis Khan. Au fil de l’écoute, l’album monte en puissance avec notamment l’explosif Shut up and Play et Jiggle, rock à papa endiablé.

Attention tout de même, The Holy Ghost a du mal à tenir ses promesses sur la deuxième partie du disque. L’accumulation de titres mid tempo laisse un tantinet sur sa faim. Dommage.

Mr Grieves (Indiepoprock.net)

01 mars 2006

Graham Coxon - Love Travels at Illegal Speeds

01. Standing on My Own Again
02. I Can't Look at Your Skin
03. Don't Let Your Man Know
04. Just a State Of Mind
05. You & I
06. Gimme Some Love
07. I Don't Wanna Go Out
08. Don't Believe Anything I Say
09. Tell It Like It Is
10. Flights to The Sea (Lovely Rain)
11. What's He Got?
12. You Always Let Me Down
13. See a Better Day

Non, Graham Coxon n’est pas le nouvel avant-centre de l’équipe de foot d’Angleterre. Il s’est plutôt fait connaître en jouant au poste de guitariste dans le groupe Blur, toujours à la droite du père Albarn. Mais, par un beau matin, le fils a décidé de quitter sa famille. Depuis, il poursuit une carrière solo prolifique digne des plus grands nerds de la sphère pop rock.

Alliant la jovialité de Rivers Cuomo (Weezer) à la joie de vivre de E (Eels) (dieu que ces lignes sont ironiques), Graham Coxon passe son temps à écrire des chansons en grattant sa guitare sous l’influence des Ramones, des Kinks, de Sonic Youth, de Pavement ou encore des Pixies. C’est peut-être cette combinaison d’influences qui l’a conduit à appeler son nouvel album Love Travels at Illegal Speeds. Une chose est sûre, le guitariste y parle d’amour sous tous les angles. Mais, là où Lara Fabian et sa doublure acnéique Chimène Badi enfoncent des portes ouvertes depuis Stone & Charden, Graham Coxon défonce à coup de (g)riff(e)s acéré(e)s les fondamentaux de la pop, du rock et du punk.

Sa voix a pris de l’assurance, son jeu de guitare est toujours aussi particulier, autant dire que son retour au simple emploi de guitariste dans Blur est réellement compromis. Ne nous voilons donc pas la face (comme aime à le répéter Donald Rumsfeld). Amoureux transis de power pop nerd rock cool noisy punk post blur lo-fi music, les sensations que vous recherchez sont contenues dans Love Travels at Illegal Speed.

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29 janvier 2006

Clor - Clor

01. Good Stuff (VID)
02. Outlines
03. Love + Pain (VID)
04. Hearts on Fire
05. Gifted
06. Stuck in a Tight Spot
07. Dangerzone
08. Magic Touch
09. Making You All Mine
10. Garden of Love
11. Goodbye

Dans la famille revival 80’s, je voudrais le fils…Tiens, voici Clor, la nouvelle coqueluche de la presse musicale britannique. Formé en 2004 à Brixton par Barry Dobbin (chant) et Luke Smith (guitare), dans le but d’agrémenter de compositions originales leurs DJ sets, Clor est aujourd’hui un quintet à part entière qui vient de sortir son premier album. Les nostalgiques des beats 80’s, du mélange guitare crunchy/programmations des groupes punk/new wave (Devo, Sparks…) trouveront ici une source de satisfaction certaine.

Clor va en effet plus loin que ses camarades contemporains Maximo Park, The Rakes ou encore Hot Hot Heat… La production est plus brute, les mises en place épileptiques, le chant sensible, original et, parfois, mal assuré. Son premier album dégage une impression d’urgence futuriste où se mêlent des éléments électroniques/robotiques et organiques/humains, comme-ci le groupe appliquait à la musique électronique un format pop rock « classique ». Le résultat est d’une efficacité renversante, à un tel point qu’il est quasiment impossible de ne pas esquisser quelques pas de danses frénétiques à l’écoute de Good Stuff, Love+Pain ou encore Stuck in a Tight Spot

Etonnamment, certains morceaux de Clor tels que Outlines, Dangerzone et surtout Magic Touch rappellent Prince ou Beck imitant Prince. Proposant également quelques titres posés (Gifted et Goodbye), les Anglais se révèlent au final éclectiques dans les styles abordés et homogènes dans le traitement dansant de leur son. Les dancefloors rock n’ont qu’à bien se tenir. Clor va nous faire bouger en 2006.

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29 décembre 2005

The Strokes - First Impressions of Earth

01. You Only Live Once
02. Juicebox (VID)
03. Heart in a Cage
04. Razorblade
05. On the Other Side
06. Vision of Division
07. Ask Me Anything
08. Electricityscape
09. Killing Lies
10. Fear of Sleep
11. 15 Minutes
12. Ize of the World
13. Evening Sun
14. Red Light

En 2001, les Strokes annonçaient le retour du rock dans les médias. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et les groupes rock trendy se sont multipliés dans les bacs des disquaires. 4 ans plus tard, le mouvement semble s’essouffler mais, force est de constater, que le cheptel des groupes rock s’est considérablement renouvelé. The Strokes, The White Stripes, The Hives, The Vines, Franz Ferdinand ont remplacé Oasis, Blur, Radiohead, Placebo dans le paysage des groupes émergents. Ainsi va la musique rock depuis sa création…

Les New Yorkais emmenés par Julian Casablancas sont donc de retour aujourd’hui avec un 3ème album, successeur de Room on Fire, ce dernier restant encore dans l’ombre de Is This It ?, leur premier essai. First Impressions of Earth s’ouvre sur le titre pop You Only Live Once, dont les premières notes évoquent I Want to Break Free (Queen). On constate que l’efficacité des Strokes repose toujours sur deux accords et que cette simplicité est au service de lignes vocales somptueuses. Après avoir écouté ce premier morceau, on se dit que la formule des Strokes fleure bon le foutage de gueule, que c’est toujours pareil, merde !

Ce sentiment ne dure que 2 minutes. Le single Juicebox avec sa ligne de basse heavy et son chant enlevé fait dresser l’oreille. Les Strokes montrent une nouvelle facette en dévoilant des structures et des mises en place bien plus complexes que sur leurs précédents albums. Les instrumentistes se permettent plus de solos. Le niveau de jeu est très élevé. Julian Casablancas met de côté les effets sur sa voix. Son chant occupe une place centrale dans l’album, comme si le jeune chanteur assumait enfin sa voix où perce sensibilité, classe et nonchalance à la manière d’un crooner sans ses paillettes.

First Impressions of Earth est donc un album surprenant qui alterne morceaux ensoleillés (Razorblade, Red Light), chansons pop groovy psychotiques (On the Other Side, Fear of Sleep) et titres rock accrocheurs (Vision of Division, Electricityscape) sans oublier des OMNI (Objets Musicaux Non Identifiés) tel que Ask Me Anything, ballade épurée très inspirée par Lou Reed. Avec ce nouvel opus, les Strokes ouvrent avec classe le bal des sorties discographiques de cette nouvelle année… Champagne !

Mr Grieves (Indiepoprock.net)

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